Dernière journée du triptyque de la 16ème édition de la Route du Rock. Météo du ciel : couvert. Météo des festivaliers : excellente !
3ème jour, dimanche 13 août : Isobel Campbell, ex-Belle and Sebastian, semble avoir bien du mal à prendre son envol. Le ravissant disque
solo livré en début d?année avec Mark Lanegan (ex Queens of the Stone Age) laissait pourtant espérer de jolis concerts. Isobel manque bien trop d?assurance pour redresser la barre. La
qualité des morceaux demeure, mais l?émotion fait défaut.
A écouter : " Ramblin' man", "Saturday's gone"
Après le désistement du groupe The Television Personalities, ce sont les New-Yorkais de Grizzly Bear qui les remplacent au pied levé. Les Grizzly Bear c?est une équipe de joyeux drilles déparaillés, au look anti rock?n?roll au possible et qui agitent une scène indé partagée entre pop bricolo et électro sautillante (ou le contraire). Ces folk-songs lancinantes, parsemées de belles harmonies vocales, ont en effet tout pour séduire : une belle découverte. Parfois à la frontière du post rock toutes guitares dehors, on se retrouve sans crier gare l?instant d?après au beau milieu d?une plage planante et quasi éthérée faisant aussitôt retomber l?ambiance.
A écouter : "Knife" & "Lullaby"
A peine 20 ans de moyenne d'âge et déjà 7 albums au compteur...ce sont les américains de The Spinto Band, décris comme un
croisement netre Pavement et Weezer. The Spinto Band, c'est un peu comme si le groupe de vos potes de lycée se mettait à avoir un talent renversant. Mais surtout, l'air de rien, et malgré un
chant encore beaucoup trop approximatif, ce groupe aligne sur scène, comme sur son merveilleux album, une série de bombes pop-rock énergiques, ludiques, mélodiques et euphorisantes. La
soirée est lancée, et bien lancée!
A écouter : " Brown Boxes", "Direct to Helmet" & "Oh Mandy"
L'ambiance monte encore en puissance avec la prestation électrique du drôlissime Katerine, épaulé sur scène par une partie des musiciens des Little
Rabits. Folie générale, tout le monde reprend en choeur les hymnes katerinesques. Comme d'habitude, Katerine assure parfaitement le show, provoque et joue avec le public qui est enchanté et
déchaîné. Du grand n'importe quoi, complètement jouissif ; c'est à la fois stupide et élégamment décalé, on ne s'en lasse décidément pas ! Assurément l'un des temps les plus forts du
festival.
A écouter : "Louxor j'adore", "100% V.I.P", "20-04-2005", "Borderline"
Alors là !!!, je dis alors là : Franz Ferdinand fait sans conteste figure de mastodonte de cette édition 2006 de la Route du rock, le gros poisson au milieu de spécimens à la renommée moins planétaire. Véritable tête d?affiche de ce dernier soir, Franz Ferdinand déploie la grosse artillerie. Estrade rouge qui borde le fond de scène, immense drapeau, light show monstrueux?tout est fait pour faire de ce concert un véritable show (formidable souvenir de leur concert l'année dernière aux Vieilles Charrues). Alex Kapranos et sa bande débarquent toutes guitares dehors, avec sa ribambelle de tubes à faire danser un mort. Les nouveaux papes du rock dansant électrisent un public en surnombre. Le fort se transforme en immense dancefloor, et la poussière commence à voler. Un rappel en forme de b?uf (improvisé ?... rien n?est moins sûr) à trois sur la batterie, un final ovationné, et le groupe repart en remerciant copieusement son public.
A écouter : "40 ft", "Take me Out", "The Fallen", "This Fire", "Do you Want to", "Walk away", "Matinée" & "Jacqueline"
Après un tel tourbillon d'hystérie collective, que restait-il à voir au bout de ces trois jours ? Band Of Horses, bien sûr ! Ce groupe de Seattle, débarqué il y a peu avec un magnifique album de pop cristalline et névrotique, nous la joue berceuses et mélodies planantes. Dégaine grungy, chemise de bûcheron, on est très loin du raffinement façon Dior aperçu plus tôt chez Kapranos et consorts. Et pour cause, il y a du Neil Young dans la voix et les harmonies de Ben Bridwell. Malgré un manque de charisme et une présence un peu inexistante, le groupe fait pourtant bien plus que de la figuration. Un jeu propre, des riffs limpides et tranchants, Band Of Horses nous asseoit dans une sorte d'atmosphère vaporeuse et planante de fin de festival.
A écouter : "Wicked Gil", "
Il ne nous reste plus qu'une chose à dire, fourbus mais heureux, après ce très bon cru 2006, à l'année prochaine !!!

























