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Théâtre

Samedi 30 juin 2007 6 30 /06 /2007 13:42

Etre à Paris permet également de voir des pièces de théâtre qu'on a pas forcément l'occasion de voir tourner en province, j'ai donc essayé d'en profiter un maximum. J'ai commencé le 14 avril par Confidences trop intimes, la pièce que Patrice Leconte a transposé du cinéma au théâtre avec succès.

 

 

 

 

 

Premièrement, je ne peux qu'évoquer le cadre ... la pièce se joue au Théâtre de l'Atelier, une petite salle de caractère, très familiale en plein Montmartre, à deux pas du Sacré-Coeur et des Abbesses. Ce théâtre a un charme assez particulier, à l'intérieur on a a l'impression de revoir toutes les pièces qui s'y sont jouées depuis 1800 et des brouettes ... il est assez intemporel et c'est très bien ainsi !

 

 

 

 

 

L’histoire, vous la connaissez sans doute : croyant se rendre chez un psychanalyste, une jeune femme pénètre dans le cabinet d’un conseiller fiscal voisin qui vit là, dans l’appartement même où il est né, et dont rien ne semble devoir l’arracher. Son ancienne femme veille encore sur lui vaguement jalouse du lien qui se tisse entre ce mélancolique un peu timide, mal à l’aise avec les sentiments, et la troublante beauté qui lui parle de son travail, de son mari, de sa vie ; lui livre des confidences très et peut-être trop intimes… Au delà de tout soupçon, la jeune femme se confie librement à un homme à la fois troublé et fasciné par la situation.

 

 

 

Avant la pièce, le public a pu voir, en 2004, Confidences trop intimes sous la forme d’un film avec Fabrice Lucchini et Sandrine Bonnaire, Jérôme Tonnerre, coscénariste du film avec Patrice Leconte, a écrit le texte de la pièce. Et Patrice Leconte, de réalisateur de cinéma, est devenu metteur en scène, incorporant plus de comique que dans son film, aux accents assez graves. Reprenant le scénario du film, Jérôme Tonnerre trouve le juste équilibre entre ce qui se dit clairement et ce que taisent les êtres en présence. Il a le sens du silence, des suspens. Le réalisateur des Bronzés et de La Jeune Fille sur le Pont, qui signe la mise en scène, donne un mouvement très vif aux échanges, adopte une mise en scène très cinématographique, où les jeux de lumière se mêlent subtilement à un univers sonore très riche.

 

 

D'un genre à l'autre, le changement passe surtout par l'interprétation. A la gravité souriante du jeu, sur grand écran de Fabrice Luchini et de Sandrine Bonnaire se substitue un romantisme léger parfaitement maîtrisé par Mélanie Doutey (jeune et désirable), Jacques Gamblin (pataud et attirant), Marilyne Canto et Alain Rimoux. Le duo gagnant, composé de Jacques Gamblin (William Favert) et Mélanie Doutey (Anna Delambre), allie charme et talent, on ne peut que les voir se mentir encore et encore. Dans le rôle du psychanalyste, Alain Rimoux fait mouche par ses attitudes réservées et son air autoritaire, fronçant les sourcils pour interpréter une rage de dent comme une "rage dedans"...

 

 

 

 

 

La pièce ne souffre d'aucun changement de rythme, la standing ovation est unanime pour des comédiens émus et heureux qui se voient remplacés dès la semaine prochaine par Christophe Malavoy et Florence Darel.

 

 

 

 

Par Marine - Publié dans : Théâtre
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Vendredi 13 juillet 2007 5 13 /07 /2007 23:26

Le 17 avril, ma découverte de l'univers théâtral parisien se poursuit avec la découverte du Théâtre Antoine pour la représentation d'une des pièce qui a marqué l'année 2007, L'importance d'être Constant d'Oscar Wilde et mise en scène par Pierre Laville. Situé Boulevard de Strasbourg le bâtiment se porte bien malgré plus d'un siècle d'existence. Il reste d'un pittoresque marqué et nous pouvons visiter le théâtre avant la représentation pour en admirer les souvenirs et les moindres recoins!

 

Façade du Théâtre

 

L'importance d'être Constant met en scène deux jeunes hommes de la meilleure société tombant amoureux de deux jeunes filles obsédées par l'idée d'épouser nécessairement un mari qui se prénommerait Constant ... Jack Worthing, prend alors le prénom de Constant pour se faire aimer de la douce Gwendolen et son ami Algernoon, qui souhaite rencontrer Cecily, la nièce de Jack, s'introduit chez elle en se présentant comme étant Constant, le frère de Jack. Mais la supercherie est découverte quand Cecily et Gwendolen se rendent compte qu'elles sont toutes les deux fiancées à un certain Constant qui n'existe pas en réalité. Mais qui sait finalement, et qui sont-ils ? Après des rebondissements incessants et des coups de théâtre tenant parfois du vaudeville, tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles !

Si cette pièce a toute l’apparence d’une comédie typique, dotée d’humour et d’une fin heureuse, elle n’en reste pas moins un chef d’œuvre par son écriture stylisée et à double sens. Le titre de la pièce en est le premier exemple, le mot constant pouvant faire référence au prénom comme à l’adjectif synonyme de «sérieux». Sous la surface de chaque mot se cache une critique, une dénonciation du superficiel, de l’hypocrisie et du surfait de la société Victorienne. Cette société Victorienne est une bête curieuse qu'Oscar Wilde s'amuse, avec un humour acide, à passer sous la loupe. On y trouve autant de belles manières que d'hypocrisie et seules les apparences comptent, peu importe toute la fourberie, la méchanceté, la bêtise ou la jalousie qui se cachent derrière. Oscar Wilde dénonce avec humour la frivolité et l'hypocrisie du beau monde en mettant en scène des personnages qui jouent sur leur double identité. Cette pièce est évidemment une comédie où l'on rit beaucoup grâce aux nombreux quiproquos qu'engendrent ces doubles identité. Mais on apprécie également les répliques piquantes des personnages comme Algernon qui a le goût du cynique et du contradictoire.

 

La pièce de Wilde est un petit bijou de l’art de la comédie et Pierre Laville, fait un sans-faute avec sa version fidèle et rythmée, qui ne cherche pas à réinventer l’œuvre tout en lui donnant un joli coup de frais avec une distribution remarquable. Soutenue par des décors et des costumes magnifiques, le spectacle est très réussi.

 

Soutenue par des acteurs remarquables (inattendu Lorant Deutsch dans le rôle d’Algernon, Frédéric Diefenthal en Constant, Macha Meril en Lady Bracknell, Gwendoline Hamon respirant la superficialité et la sincérité en Gwendoline et Marie-Julie Baup une fraîche Cecily), la pièce nous offre un moment de pur plaisir. Car c’est une merveilleuse distribution qu’a assemblée Laville : elle met parfaitement en valeur la verve comique de Wilde sans jamais en faire trop. J’avais beaucoup de doutes quant à Lorànt Deutsch mais celui-ci arrive parfaitement à faire vivre la dualité de son personnage. J’ai été particulièrement impressionnée par la révélation Marie-Julie Baup, dont la Cecily Cardew, solidement campée, est un régal. D'une fraicheur exceptionnelle et d'un jeu réellement moderne, elle excelle malgré un bras cassé. Le couple, à la ville comme à la scène, Frédéric Diefenthal et Gwendoline Hamon, prouve qu'ils n'ont absolument pas besoin de se pistonner l'un l'autre. Et puis il y a Macha Méril dans le rôle mythique de Lady Bracknell, qu'elle aborde avec une maîtrise parfaite et nous régale de ses répliques savoureusement ciselées. Les seconds rôles Claire Magnin et Yves Gasc prouvent (s'ils en est encore besoin) qu'il sont de réels piliers du théâtre contemporain, quant à Patrick Delage, il ponctue la pièce d'apparitions hilarantes.

Bref, les dialogues hypers fins, les décors et costumes magnifiques, l'humour typiquement anglais teinté de cynisme, les magnifiques prestations et le superbe placement (2è rang) nous permettant de repartir avec de très belles photos, ne me permette que de dire que j'ai passé une excellente soirée et que cette pièce est l'exemple même d'une pièce classique bien adaptée.

Par Marine - Publié dans : Théâtre
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Dimanche 22 juillet 2007 7 22 /07 /2007 20:51

Enfin last but not least, le théâtre Hébertot nous a accueilli pour la pièce Irrésistible, écrite par Fabrice Roger-Lacan, mise en scène par la talentueuse Isabelle Nanty et interprétée par les non moins excellents Arié Elmaleh et Virginie Ledoyen. Situé Boulevard des Batignolles, ce petit théâtre semble avoir moins d'histoire que les premiers mais compte bien combler ce léger retard... A noter, l'arrivée en vélo d'Arié Elmaleh qui a bien failli nous renverser en vélo !

Elle est jeune, elle est belle. Il est jeune, il est presque beau. Elle est éditrice, il est avocat. Ils habitent dans un appartement très cosy-petit-bourgeois. A et B (on ne saura jamais leurs prénoms) vivent ensemble depuis quatre ans, ils se sont rencontrés sur un télé-siège en entonnant Le plat pays pour conjurer leur peur du vide et leur vertige. Pourquoi pas ? B (c'est elle), n'est pas insensible au charme de C, auteur très en vue dont elle admire le style et le charisme depuis qu'elle a l'âge de 14 ans. Elle refuse pourtant son invitation à dîner. Du coup, A (c'est lui) s'interroge. A-t-elle refusé parce qu'elle avait peur de succomber à son charme ? A-t-elle refusé, pensant que ça lui ferait plaisir, à lui, que ça le rassurerait ? Est-elle en train de s'enfermer dans le carcan d'une conjugalité molle et tiède, de s'installer dans la durée, de refuser une passion qui s'offre pour préserver son confort petit-bourgeois ? A, avocat engagé dans la défense d'un Mexicain qui a dévoré sa femme par amour (sic) commence à dérailler, et l'entraîner avec elle dans son délire. C'est assez tordu, et plutôt implacable.

 

C'est vrai, Irrésistible ressemble fort à la-recette-toute-faite-d'un-succès-du-théâtre-privé : un jeune auteur en vogue (Fabrice Roger-Lacan, à qui l'on devait déjà Cravate club, très bonne pièce transformée en film très moyen), une metteuse en scène aguerrie (Isabelle Nanty, plus coutumière des one-man shows d'ailleurs que du théâtre traditionnel) et deux acteurs « vendeurs ». D'un côté, Virginie Ledoyen, longtemps estampillée actrice de films d'auteur lorgnant ces derniers temps vers la comédie. De l'autre, Arié Elmaleh - accessoirement frère de Gad -, héros d'une saga pub et de quelques films, plutôt doué... Il ne manquait plus pour marquer le coup qu'une réelle amourette, et bien c'est désormais chose faite, ce qui d'ailleurs ne fait qu'amener une crédibilité supplémentaire à la pièce, tant la complicité entre les deux acteurs est évidente.

 

Développant le principe de base de sa première pièce (Cravate Club, c’était lui), Fabrice Roger-Lacan va encore plus loin dans la description d’un affrontement entre deux personnages pourtant liés au départ par un sentiment fort. Il le fait en utilisant uniquement la logique terrifiante des mots et du langage. D’où le fait – et la nécessité – que tout, dans la mise en scène, soit d’abord beau, étincelant et  séduisant. Voire un brin mode. Derrière ces apparences, cependant, se cachent de vrais sentiments et de vraies souffrances que les deux interprètes – brillants et engagés – finissent par nous laisser entrevoir. De plus le texte est bon : ciselé, aux trouvailles qui font mouche, il décortique le mécanisme insidieux de la jalousie avec finesse et humour.

  

Enfin, si Virginie Ledoyen, voix grave, syllabes découpées et diction parfois trop appliquée pour paraître naturelle, ne sonne pas toujours juste (c'est sa première tentative au théâtre), Arié Elmaleh, si. Grande silhouette déguingandée qui prépare sa plaidoirie, l'air inspiré, en short et tennis, amant désemparé qui traverse son salon en courant, à grandes enjambées élastiques façon Tati, amoureux jaloux et d'une mauvaise foi délicieuse, il est amusant, attachant, savoureux.

 

  

A l'arrivée, Irrésistible est un spectacle un brin prévisible, mais efficace et plutôt réussi. 

 

Par Marine - Publié dans : Théâtre
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