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Ciné

Mardi 11 avril 2006 2 11 /04 /2006 20:39

Parce que c'est d'abord et avant-tout un blog sur le cinéma, voilà mon dernier coup de coeur : Romanzo Criminale de Michele Placido.

Warner Bros. France

Réalisé par : Michele Placido

Scénario : Giancarlo de Cataldo, Stefano Rulli & Sandro Petraglia

Avec : Kim Rossi-Stuart (Le Froid), Anna Mouglalis (Patrizia), Pierfrancesco Favino (Le Libanais), Claudio Santamaria (Dandy), Stefano Accorsi (Commandant Scialoia), Jasmine Trinca (Roberta)...

Musique : Paolo Buonvino

Synopsis : Rome, les années 1970, c'est l'âge d'or des Brigades Rouges, mais pas seulement. Une bande de petits criminels fait peu à peu régner sa loi sur la capitale italienne. Ils sont trois : Le Libanais, Le Froid et Dandy. L'enlèvement d'un riche bourgeois leur met le pied à l'étrier et l'argent de la rançon est investie dans le traffic d'héroïne. Alliée à la Mafia la bande prend vite le contrôle de ce business et gagne, en échange de quelques services, la protection de fonctionnaires affectés aux sales besoignes de l'Etat. sous-évaluent la capacité de nuisance des jeunes truands. Tous sauf le commandant Scialoia qui compte sur sa relation ambigüe avec Patrizia, une prostituée dont Dandy est amoureux, pour les faire tomber. L'homme n'est pas au bout de ses peines mais la petite bande non plus : après la gloire, le déclin ...

Warner Bros. France

Critique : un très bon film porté par des acteurs magistraux. Placido mélange avec une habileté déconcertante le polar noir et la drame humain, à fleur de peau, contant malgré tout ce qu'il y a de mauvais dans les protagonistes : leurs amours, la solidarité qu'ils éprouvent les uns pour les autre, parfois même leur lâcheté et parvient à transmettre des émotions puissantes. De plus, ce n'est pas comme ce qu'on peut voir d'habitude : au lieu de conter l'ascension et la prise de pouvoir de sa bande, il nous montre la chute et tous les traumatismes qu'elle comporte, aussi bien physiques que psychologiques. 

Avec le renouveau du film politique, Michele Placido se place avec Romanzo Criminale aux côtés d'un George Clooney et son Good Night, and Good Luck , d'un Andrew Niccol et son Lord of War ou bien encore d'un Stephen Gaghan et son Syriana.       Tout est lié...

15/20

Warner Bros. France

A noter : c'est pas tous les jours qu'on se fait agresser dans un cinéma et ben sur qui ça tombe ?? je vous le donne en mille, sur moi-même !! Alors qu'avec ma comparse Aline nous pénétrons, prêtes à passer un bon moment avec un bon ami à nous (Kim, tu sais le Froid ... si si je t'assure!) dans notre cher Caméo Commanderie (salle Fellini pour être exacte), le drame survient : une vieille folle, complètement toquée (dans les deux sens du terme parce que vu le temps qu'elle a mis pour plier son manteau et le nombre de fois qu'elle l'a fait je pense qu'elle a des TOC), me balance son sac dans la figure, ce qui fait trembler toute la rangée, et manque de me rendre aveugle en me jetant son manteau dans la figure. Et pour quoi ? tout simplement pour venir s'installer à côté de moi !! je vous le demande moi où va le monde ?

Par Marine - Publié dans : Ciné
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Mardi 11 avril 2006 2 11 /04 /2006 20:56

Le grand choc de ce début d'année 2006

Lions Gate Films Inc.

Réalisé par : Andrew Niccol

Scénario : Andrew Niccol

Avec : Nicolas Cage (Yuri Orlov), Ethan Hawke (Jack Valentine), Jared Leto (Vitaly Orlov), Bridget Moynahan (Ava Fontaine), Ian Holm (Simeon Weisz)...

Musique : Antonio Pinto

Synopsis : Né en Ukraine avant l'effondrement du bloc soviétique, Yuri arrive aux Etats-Unis avec ses parents où il se font passer pour des immigrants juifs... Audacieux et fin négociateur, il se fait une place dans le trafic d'armes. Les énormes sommes d'argent qu'il gagne lui permettent aussi de conquérir celle qui l'a toujours fasciné, la belle Ava.
Parallèlement à cette vie de mari et de père idéal, Yuri devient l'un des plus gros vendeurs d'armes clandestins du monde. Utilisant ses relations à l'Est, il multiplie les coups toujours plus risqués, mais parvient chaque fois à échapper à Jack Valentine, l'agent d'Interpol qui le pourchasse.
Des luxueux immeubles new-yorkais aux palais des dictateurs africains, Yuri joue de plus en plus gros. Convaincu de sa chance, il poursuit sa double vie explosive, jusqu'à ce que le destin et sa conscience le rattrapent...

Nicolas Cage et Jared Leto. Lions Gate Films Inc.

Critique : L'introduction du film annonce clairement la couleur. Le générique nous montre un Cage désabusé et dandy qui explique le fonctionnement du trafic d'armes dans le monde grâce à un faux plan séquence suivant le trajet d'une balle de sa confection à sa fin de cycle de vie ... c'est à dire en pleine tête d'un jeune enfant qui n'avait rien demandé. On est en même temps calmé mais aussi très excité par ce qui est censé suivre ... Et on est pas déçu. Lord of War frappe très très fort et juste. Nicolas Cage donne une dimension fulgurante à son personnage de Yuri Orlov. Ordure phénoménale mais tellement proche de nous puisqu'adopter son point de vue nous le rend presque sympathique. Pour le héros du brûlot de Niccol, c'est un travail comme un autre que de vendre de la mort. En nous montrant son quotidien, on partage sa vie durant 2 heures et l'on y prend goût. Le cinéaste réalise une oeuvre passionnante, souvent drôle et surtout d'une redoutable efficacité. Lord of War apparaît comme une réelle campagne contre les grandes puissances mondiales et leurs agissements et surtout comme un message alarmant de l'état actuel du monde. Pour ce faire, le cinéaste propose une oeuvre choquante et insiste sur l'idiotie et la situation paradoxale qui règnent dans le monde, notamment au travers du trafique d'armes, encouragé par les grandes puissances alors, que se sont celles-ci, elles-mêmes, qui siègent au sein des institutions qui prônent la paix comme l'ONU. Si ce fait est pointé du doigt, il montre l'immoralité qui subsiste et surtout dénonce la corruption qui persiste à tous les niveaux et dans tous les pays, en maintenant une politique guidée par l'argent. D'autre part, Lord of War se dévoile d'autant plus réussi qu'il aborde ce sujet grave avec une certaine note d'humour, ce qui parvient à faire sourire le spectateur de temps à autres. Mais il y a surtout un cynisme très révélateur qui insiste sur l'absurdité de la situation mondiale appuyée par de nombreux dialogues percutants. Le casting sent le sans faute de Cage à Moynahan en passant par un Jared Leto alcoolique, accroc à la coke et un Ethan Hawke très ( et de plus en plus) expressif (Ethan, Ethan, Ethan ... (soupir).

Un chef d'oeuvre documenté, sans faille si ce n'est l'absence totale de morale ... Mais l'impact en est d'autant plus fort. C'est dur, triste, envoûtant, sans pitié aucune mais VRAI et réaliste. De quoi secouer les morales de chacun et les politiques. Après la vision de Lord of war, on en ressort indigné et révolté et l'on repense assurément à ce film bien des heures après.

16/20

Nicolas Cage. Lions Gate Films Inc.

A noter :  Alors que je m'apprêtais à voir ce film en solitaire qu'elle ne fut pas ma surprise de voir débarquer dans la salle de l'UGC St Jean qui m'accueillait, un grand gaillard d' 1m92, qui, avec bien du mal, réussit à caser ses grandes gambettes dans la rangée à mes côtés. Ravie d'avoir partagée ce moment avec toi Kévin.

Jared Leto . Lions Gate Films Inc.

Par Marine - Publié dans : Ciné
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Mardi 11 avril 2006 2 11 /04 /2006 22:05

Une biographie musicale enflammée et accessoirement le premier film que je vais voir plus de deux fois !

2005 Twentieth Century Fox

Réalisé par : James Mangold

Scénario : James Mangold & Gill Dennis

Avec : Joaquin Phoenix (Johnny Cash), Reese Witherspoon (June Carter), Tyler Hilton (Elvis Presley), Dallas Roberts ( Sam Philipps), Robert Patrick (Ray Cash), Waylon Payne (Jerry Lee Lewis)...

Musique : T-Bone Burnett

Synopsis : En retraçant le destin du chanteur country-rock Johnny Cash, Walk the line évoque la naissance d'un nouveau style d'artiste, celle d'un homme qui au-delà de ses colères, des ravages de la dépendance et des tentations du statut de star, a tout dépassé pour devenir une icône.
C'est aussi le parcours d'un homme qui, du fond de la période la plus noire de sa vie, a été porté par une histoire d'amour fusionnelle avec June Carter. Leur passion a nourri son art tout au long de sa vie.
Cette saga est marquée par les thèmes qui feront la force de la musique de Cash
et de son style minimaliste : la mort, l'amour, la trahison, le péché, l'espoir et la foi.

Joaquin Phoenix. 2005 Twentieth Century Fox

Critique : Un film qui aurait pu partir avec LE handicap majeur (qui connaît réellement Cash en France?) mais qui sort du lot par une fureur appréciable. La mise en scène reste toujours académique, classique à l'image de Ray de Taylord Hackford. On ne sort pas des sentiers battus, on reste dans le classicisme de réalisation Hollywoodien mais il y a cependant une étincelle qui fait la différence. Un ensemble de petites choses qui donnent du relief à cette petite merveille. La reconstitution d'époque tout d'abord. Ensuite il y a cette volonté de restitution de la musique enregistrée avec un son comme à l'époque. Et puis bien évidemment, il y a le casting, véritable pépite d'Or. Joaquin Phoenix est sensationnel en Johnny Cash. Il s'impose comme un roc, embrase l'écran et donne une humanité déconcertante à l'idole de toute une génération. Le brillant Comodus de "Gladiator" impressionne. Cash renaît à travers l’acteur hypnotisant le spectateur de son regard. Fabuleuse composition ... Reese Whiterspoon, elle, apporte un complément de charme et de volupté : sensible, émouvante, lumineuse, sincère et éblouissante. Un couple d'acteurs, de chanteurs (c'est eux qui donnent de la voix) et d'amoureux transis entre amour impossible et éternel. Un duo imparable.

Même si le film répond à quelques règles exclusives au genre (drogue, alcool, ellipses de temps, excès, déchéance et come-back, renaissance artistique…), Walk the Line est un très bon film qui laisse son emprunte en enflammant les oreilles, les yeux et le coeur. On se laisse bercer et on sourit béas, heureux de cette machine flamboyante et agréable qui passe et se surpasse. Lorsque l'on sort de la salle on a encore le coeur qui bat au rythme des coups de pieds des prisonniers... I walk the line...

17/20

Affiche américaine. 2005 Twentieth Century Fox

A noter : vu une première fois en avant-première le soir de la Saint-Valentin avec Aline, Marianne et Thomas à l'UGC Ciné-Cité de Ludres. Vu une deuxième fois avec Olivier à l'UGC St Jean (on se souviendra de la fabuleuse averse à notre sortie). Et vu une troisième fois au Caméo Commanderie avec Yoann, en comptant la surprise à la sortie de retrouver ma petite Clara pourtant dans la même salle. C'est beau d'avoir la carte UGC illimitée...  Petite préférence pour la dernière version car en V.O et avec au rallumage des lumières une voisine inconnue en larmes.

Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon. 2005 Twentieth Century Fox

Ne pas oublier de noter les récompenses de Joaquin Phoenix et Reese Witherspoon, meilleur acteur et meilleure actrice dans une comédie ou comédie musicale, aux derniers Golden Globes, ainsi qu'une nomination aux oscars pour Joaquin et l'oscar de la meilleure actrice pour Reese.

Affiche américaine. Fox 2000 Pictures

Par Marine - Publié dans : Ciné
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Jeudi 13 avril 2006 4 13 /04 /2006 20:05

Un très grand film dur, bouleversant mais réaliste.

Réalisé par : Steven Spielberg

Scénario : Eric Roth & Tony Kushner

Avec : Eric Bana (Avner), Daniel Craig (Steve), Ciaran Hinds (Carl), Mathieu Kassovitz (Robert), Geoffrey Rush (Ephraim), Mathieu Amalric (Louis), Michael Lonsdale (Papa), Valeria Bruni-Tedeschi (Sylvie), Marie-Josée Croze (Jeannette), Yvan Attal (Tony)...

Musique : John Williams ...of course...

Synopsis : Dans la nuit du 5 septembre, un commando de l'organisation palestinienne Septembre Noir s'introduit dans le Village Olympique, force l'entrée du pavillon israélien, abat deux de ses occupants et prend en otages les neuf autres. 21 heures plus tard, tous seront morts, et 900 millions de téléspectateurs auront découvert en direct le nouveau visage du terrorisme.
Après avoir refusé tout compromis avec les preneurs d'otages, le gouvernement de Golda Meir monte une opération de représailles sans précédent, baptisée "Colère de Dieu". Avner, un jeune agent du Mossad, prend la tête d'une équipe de quatre hommes, chargée de traquer à travers le monde onze représentants de Septembre Noir désignés comme responsables de l'attentat de Munich. Pour mener à bien cette mission ultrasecrète, les cinq hommes devront vivre en permanence dans l'ombre...

Critique : Steven Spielberg revient de loin. Après la décevante Guerre des mondes, le challenge était complexe ... et pourtant relevé haut la main ! Rappelons que ce film est avant tout une fiction même si inspirée de faits tragiques réels. Munich va diviser sec alors commençons par la forme irréprochable :  réalisation excellente, reconstitution criante de réalisme, filtres de couleurs ternes typique 70's, caméra à l'épaule, montage flamboyant et surtout une distribution irréprochable (à noter l'excellente prestation de tous nos petits frenchies!). Spielberg réalise une oeuvre très politique sur les attentats de Munich. Autant le dire tout de suite : c'est aussi un de ses films le plus violent. Le réalisateur a ici pris des risques en réalisant un film qui est le plus politique de sa carrière, mais aussi le moins bon public. La narration est détaillée, recherchée, documentée et retrace avec talent ce qu'il s'est passé après les attentats. Spielberg trouve l'adage idéal en préférant opter pour l'humanisation de ses personnages. Terroristes comme Mossad tout le monde est humain alors apte à être (im)pardonné et / ou (in)compris. Personne n'est réellement salaud ou sauvage dans Munich. Il ne condamne personne et laisse parler ses images. Si tout n'est pas réel, on remarque que Spielberg émet son idée des attentas. C'est un conflit durable qui ne s'arrêtera peut-être jamais.  La violence engendre la violence et peut s'imprégner dans toute l'âme d'un être. Ainsi dans une des meilleures scènes du film, Spielberg nous montre 2 clans distincts se menacer en brandissant leurs armes puis finir par opter pour la discussion ... Chose civilisée et adéquate ... Ce qui fonctionne même si la suite sera dramatique.

Munich narre ce douloureux combat pour la liberté en se permettant même de conclure cette magnifique oeuvre grâce à un plan des Twin Towers dans un large panoramique de New-York. Un plan final qui pique en plein coeur pour un douloureux constat comme pour nous dire que rien ne sera jamais fini.
Un très grand film beau, puissant et surtout passionnant  qui bouleverse et qui en apprend . On en ressort troublé et grisé par tant d'intelligence et de talent. Du très grand et très bon cinoche. Merci Mr Spielberg. 

16/20

A noter : Ben rien de spécial en fait, j'ai vu ce film avec Aline au Caméo St Seb, et donc en V.O. Si au bout de deux heures de film, on avait tellement froid qu'on a joué les mamies en se couvrant de nos manteaux, ça faisaient juste un peu bibendum!

 

 

Par Marine - Publié dans : Ciné
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Mercredi 19 avril 2006 3 19 /04 /2006 19:55

Parce qu'il faut aussi parler des bouses

Réalisé par : Larry Clark

Scénario : Larry Clark & Matthew Frost

Avec : Jonathan Velasquez (Jonathan), Francisco Pedrasa (Kiko), Milton Velasquez (Spermball), Eddie Velasquez (Eddie)...

Musique : Steve McCroskey

Synopsis : Pour sortir du quotidien de leur ghetto du centre sud de Los Angeles, un groupe de jeunes mexicanos, fans de culture punk, opte pour aller skater à Beverly Hills.
Là bas, ils se lient à des jeunes filles de familles riches et leur présence détonne très vite dans le paysage local.

Critique :  Seul le début est réussit : on y découvre une interview de Jonathan par le réalisateur, avant le début du tournage. Il y raconte des anecdotes, parle de ses potes, de leur vie, entre naturel et intimidation. Jonathan s’appelle Jonathan, Milton est Milton, Eddie est Eddie, mais les filles portent de prénoms différents, tout comme les adultes et autres personnages secondaires. Les rockers de Larry Clark sont des morceaux de réalité dans une sphère fictionnelle. Alors que Clark s’efforçait de pointer la jeunesse comme définitivement en perdition, sans plus aucun repère moral (c’était la faute de la société), il s’attache cette fois un peu plus à l’individu, et non au groupe qu’il représente. Ce qui est étonnant dans Wassup Rockers, c’est le côté léger, voire complètement con qui est insufflé aux personnages et aux rebondissements, parfois complètement invraisemblables. C’est peut-être ce rire qui est le plus gênant. Alors que Clark ne s’épanche pas sur l’hémoglobine, il pointe les inconsciences de ces gamins qui se moquent de l’autorité (et nous avec eux dans la bonne scène de l'interrogatoire du flic), et qui laissent derrière eux, non sans tristesse mais sans rébellion, leur copain, flingué à bout portant. Clark s'est adouci de films en films mais ce n'est pas brillant et on a peur pour ses Kids autant que pour lui.

8/20

A noter : Quand t'en a marre d'entendre gueuler des bons groupes de punk-rock mais trop souvent répétés et de voir des gamins rencontrer des situations complètement débiles (la bourgeoise bourrée qui s'électrocute dans son bain ... soupir...) le seul moment calme du film te fait doucement te rendre compte que t'as p'têtre pas perdu ton temps : Mogwaï "Take me Somewhere nice" : merci, ça rajoute au moins 2 points à la note globale du film

Par Marine - Publié dans : Ciné
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Mardi 9 mai 2006 2 09 /05 /2006 20:03

Que ça fait du bien de rire !!! Un divertissement frais et sûrement la meilleure comédie française de l'année.

 

 

 

Réalisé par : Michel Hazanavicius

Scénario : Jean-François Halin

Avec : Jean Dujardin (Hubert Bonnisseur de La Bath, OSS 117), Bérénice Béjo (Larmina El Akmar Betouche), Aure Atika (la princesse Al Tarouk), Philippe Lefebvre (Jack), Oscar Mosca (Loktar)...

Musique : Ludovic Bource & Kamel Ech-Cheick

Synopsis : Égypte, 1955, le Caire est un véritable nid d'espions. Tout le monde se méfie de tout le monde, tout le monde complote contre tout le monde : Anglais, Français, Soviétiques, la famille du Roi déchu Farouk qui veut retrouver son trône, les Aigles de Kheops, secte religieuse qui veut prendre le pouvoir. Le Président de la République Française, Monsieur René Coty, envoie son arme maîtresse mettre de l'ordre dans cette pétaudière au bord du chaos : Hubert Bonisseur de la Bath, dit OSS 117.

 

Critique : Génial, tordant … Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri au cinéma. Michel Hazanavicius sait de quoi il parle et n’a pas son pareil pour instaurer une ambiance et un univers « à part ». Il vient de réaliser un film d’une classe esthétique incroyable doublé d’une comédie décalée parfois absurde qui flirte autant avec le grand n’importe quoi qu’avec les règles inhérentes au film d’espionnage. Tourné comme un film des années 50 typique proche des anciens films d’espionnage très « cheap » (James Bond en tête "C'est du Sean et beaucoup de Connerie"), le film prend dès le début un virage démentiel qu’il ne rétablira  jamais. Entre décors, photos, effets visuels délirants et mise en scène d’époque. On se croit constamment dans un film d’il y a 40 ans et c’est ça qui est jouissif. Du point de vue comédie, le film doit beaucoup à des répliques hilarantes bien senties (les passages avec le brave Slimane, l'espion suiveur récurrent, les pétages de plomb Dujardiniesque notamment avec la prière du matin, le QG des poulets et le fameux jour-nuit, les flashbacks de Jack, le Bambino en arabe, la coupe de cheveux du matin, les J'aime ... et j'en passe), du comique de situation, une galerie de personnages exceptionnels ( Bérénice Béjo et Aure Atika en tête), clownesques, de sacrées gueules (Philippe Lefebvre, Richard Sammel, François Damiens, Eric Prat...) sans oublier un Jean Dujardin EXCEPTIONNEL. Il envahit l’écran durant 1h40 navigant entre classe, débilité, cassage à la Brice … Un large panel le rendant totalement irrésistible ! On n’oubliera pas le ton acide et de la vision des Français à l’étranger pour cette époque (homophobie, xénophobie, mysoginie…) Ca balance tout en délirant et c'est tant mieux.

17/20

 

 

 

 

 

 

 A noter : Merci à Marlène qui m'a permis de voir ce film en avant-première. En effet, elle avait eu des places mais son stage la laissant extrêmement fatiguée le soir, à qui elle a filé ses places ??? à Mouah !!! merki encore !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par Marine - Publié dans : Ciné
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Jeudi 11 mai 2006 4 11 /05 /2006 17:16

Un blockbuster plutôt habile au message plus que subversif

 

 

Réalisé par : James McTeigue

Scénario : Andy & Larry Wachowski

Avec : Natalie Portman (Evey Hammond), Hugo Weaving (V), Stephen Rea (Finch), Stephen Fry ( Gordon Dietrich), Rupert Graves ( Dominic), John Hurt (Sutler) ...

Musique : Dario Marianelli

Synopsis : Londres, au 21ème siècle... Evey Hammond ne veut rien oublier de l'homme qui lui sauva la vie et lui permit de dominer ses peurs les plus lointaines. Mais il fut un temps où elle n'aspirait qu'à l'anonymat pour échapper à une police secrète omnipotente. Comme tous ses concitoyens, trop vite soumis, elle acceptait que son pays ait perdu son âme et se soit donné en masse au tyran Sutler et à ses partisans.
Une nuit, alors que deux "gardiens de l'ordre" s'apprêtaient à la violer dans une rue déserte, Evey vit surgir son libérateur. Et rien ne fut plus comme avant.
Son apprentissage commença quelques semaines plus tard sous la tutelle de "V". Evey ne connaîtrait jamais son nom et son passé, ne verrait jamais son visage atrocement brûlé et défiguré, mais elle deviendrait à la fois son unique disciple, sa seule amie et le seul amour d'une vie sans amour...

 

Critique : Ce film arrive réellement à point nommé. Voilà enfin un film à grand spectacle susceptible de faire réfléchir le spectateur sans lui asséner les messages simplistes et dogmatiques propres à Hollywood. L'histoire aborde une multitude de sujets sensibles sans pour autant prendre complètement parti pour une idéologie. Dans quelle mesure un individu a-t-il le droit d'essayer de changer la société ? Le terrorisme peut-il être une arme légitime ? En quoi les citoyens (et les médias) sont-ils responsables de la mise en place d'un régime totalitaire ? Autant de sujets brûlants traités avec brio, d'autant plus que ce triste futur que nous présentent les Wachowski à un amer goût de réalité plausible... Tout comme le personnage de V, exprimant à la fois finesse par l'expression de sa culture et la barbarie au travers de sa vengeance, le film présente deux visages formant un tout séduisant. Durant ces deux heures on navigue entre réflexion et spectaculaire. : notre instinct révolutionnaire et notre quête de liberté se réveille alors en même temps que celui d'Evey, force est de constater qu'on reste véritablement scotché à son fauteuil du début à la fin. Pour ce qui est de l'ambiance, elle est vraiment réussie : la bande son, fabuleuse et bien choisie (Cat Pooooower), donne de la force aux moments clés du film avec notamment une émouvante renaissance (prise de conscience) d'Evey. Les décors sont sombres, le choix du masque, judicieux, donne un certain charisme à V. Le casting assure sur tous les plans notamment sur la relation basée entre Evey et le V masqué (Hugo Weaving impérial car capable de se forger une personnalité propre mais aussi une image pour le spectateur alors qu'il est masqué pendant toute la durée du film). Une alchimie qui porte le film au-delà des cimes du simplement bon. La complexité des rapports entre les deux héros est aussi tortueuse qu'impériale et touchante. Natalie Portman est vraiment convaincante et nous fait ressentir sa difficulté à sortir du système et à rejoindre la lutte aux cotés de V. L'anticipation énoncée fait froid dans le dos car elle semble vraiment proche, voire déjà encrée dans nos quotidiens politiques et moralistes.

 

16/20 

 

 

 

Liberté ! Toujours !

 A noter : Et encore une avant-première mes amis ! Mais bon là je dois dire merci à Aline qui m'a invitée ... sinon on a partagé la séance avec Marianne, son frère Manuel, Marlène et une copine à elle également. C'était très sympa, l'ambiance était bonne, mais nous sommes tous ressortis avec une conscience éveillée et une part d'innocence en moins certainement, enfin pour moi, c'est aussi ça la magie du cinéma : faire passer des messages forts. Vu une deuxième fois au Caméo St Seb avec Aline et là je tiens à faire une petite modification et noter que pour une fois, c'est vraiment rare, la VF est aussi bonne que la VO!


Par Marine - Publié dans : Ciné
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Vendredi 12 mai 2006 5 12 /05 /2006 20:02
Comédie bidon sur des vacances de bidochons
 

 

Réalisé par : Fabien Onteniente

Scénario : Franck Dubosc, Fabien Onteniente, Phillippe Guillard & Emmanuel Booz

Avec : Franck Dubosc (Patrick Chirac), Gérard Lanvin (Michel saint-Josse), Mathilde Seigner (Sophie Gatineau), Claude Brasseur (Jacky Pic), Mylène Demongeot (Laurette Pic), Antoine Duléry (Paul Gatineau), Christine Citti (Madame Chatel), Frédérique Bel (Christy)...

Musique : Frédéric Botton

Synopsis : Au camping des Flots Bleus, ça débarque de toute la France.
Comme tous les ans, c'est le moment des retrouvailles autour de l'apéro d'usage pour les familles d'habitués. Sauf que cette année, les Pic n'ont plus leur emplacement 17, les Gatineau font tente à part, et Patrick Chirac, le playboy de Dijon, se fait plaquer par sa femme.
C'est dans ce camping que Michel Saint Josse, chirurgien esthétique à Paris, se retrouve bien malgré lui pour y subir les problèmes existentiels d'une espèce jusqu'alors inconnue de lui : le campeur...

 

Critique : D'habitude je suis assez indulgente avec les comédies sans prétentions et qui n'ont aucune autre raison que celle de faire rire. C'est dans cet état d'esprit que j'allais voir Camping. Et bien malgré toute l'indulgence dont je suis capable je dois dire que ce film est complètement loupé. Ayant bénéficié d'une énorme campagne publicitaire extrêmement présente dans tous les médias, il n'était pas étonnant que Camping, le nouveau film de Fabien Onteniente, fasse un véritable carton dès la première semaine de la sortie. Néanmoins si le cinéaste parvient à attirer du monde dans les salles, il semble également évident que ses dons de cinéaste reflètent nullement sa capacité à gonfler le box-office et, par la même occasion, à enrichir son porte-monnaie. Après des oeuvres très moyennes, Camping ne relève pas le niveau de son auteur/réalisateur et ajoute une comédie de plus, fade et sans intérêt, à la filmographie de Onteniente. Les faiblesses de cette comédie pseudo sociale se perçoivent dès le début du film avec une introduction très caricaturale qui dévoile un bon nombre de poncifs sur la société, en mettant en opposition des français moyens provinciaux rustres, presque incultes, à un chirurgien parisien amer et élégant aux goûts de luxe. Dès le départ, il n'est donc pas difficile, au vu de la description stéréotypée des personnages et des nombreux clichés sur la campagne, de deviner le scénario qui demeure finalement prévisible durant le déroulement. Certes on s'attendait à ce que le scénario tienne sur un timbre poste: le film raconte la vie au camping, point. C'est donc pas ce qui déçoit dans Camping. En revanche on s'attendait aussi à rire parce que c'est quand même le but recherché. Et ici, on ne rit pas. D'une part parce qu'on a vu déjà le meilleur dans la bande-annonce (qui n'avait pourtant rien d'extraordinaire) et d'autre part parce qu'il n'y a aucune subtilité : c'est lourd.

Et ne cherchez pas plus loin, les 2-3 répliques amusantes sont dans la bande annonce, pour le reste c'est un mauvais mix de scènes sans queue ni tête (plein de pistes qui auraient pu être sympas lancées et aucune de creusées) joués par des comédiens perdus, ce qui confirme la mauvaise direction d'acteurs d'Onteniente. A noter les débuts d'acteurs de Dubosc, prometteur du point de vue de la comédie mais la scène où il pleure est un grand moment de comique involontaire pour le coup.

 

  

8/20

 

  

 

 

 

Par Marine - Publié dans : Ciné
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Mercredi 17 mai 2006 3 17 /05 /2006 20:16

 

 

La 59ème édition du Festival de Cannes a ouvert ses portes aujourd'hui même, présidée par le réalisateur d' In the Mood for Love et 2046 entre autres, Wong Kar Wai, qui avec les membres de son jury ( Monica Bellucci, Helena Bonham-Carter, Samuel L. Jackson, Patrice Leconte, Lucrecia Martel, Tim Roth, Elia Suleiman et Zhang Ziyi : tous acteurs ou réalisateurs de leur état et avec plus ou moins de renommé...), aura la lourde tâche de décerner entre autre la palme d'or et le prix du Jury.

Le festival et moi c'est pas vraiment l'amour fou, je sui toujours déçue par la remise de la récompense suprême (palme d'or) qui, selon moi, délaisse souvent les bons films au profit des films pseudos-intellos, exception faite en 2004 où Michael Moore l'a reçu pour Fahrenheit 9/11, sous l'impulsion d'un président un peu plus rock'n'roll, j'ai nommé QUENTIN TARANTINO ! Bref, l'année dernière fut le summum de la déception pour moi où l'insipide L'Enfant des frères Dardenne a soufflé la palme au magnifique Broken Flowers de Jim Jarmush. Je pense d'ailleurs que le prix du Jury est beaucoup représentatif, voir l'état de Roberto Begnini pour La vie est belle ... un grand moment!

Sinon cette année encore j'ai mes petits chouchous, enfin non j'ai une énorme attente pour Marie-Antoinette de Sofia Coppola, ces deux premiers films m'ont bouleversé et absolument pas déçue et le fait est que la vue de la bande-annonce me met dans un état d'impatience intense... Sinon je parierai bien aussi sur Babel d'Alejandro Gonzales Inarritu, dont le 21 grammes retourne toute personne normalement constituée, Volver de l'incontournable Pedro Almodovar, parce que Todo sobre mi madre tout simplement, Southland Tales de Richard Kelly parce que son Donnie Darko est un petit bijou et que l'histoire et le casting de celui-ci ont l'air démentiels, Le vent se lève de Ken Loach, parce que ses films font toujours dans le social, Fast Food Nation de richard Linklater, parce que c'est encore une dénonciation de l'american way of life et une humiliation pour l'ami Bush, mais aussi parce que Before Sunrise/Before Sunset, ne pas oublier Le Caïman de Nanni Moretti ou le retour du (politique dans le) cinéma italien au plus haut niveau d'autant plus si ça passe par une satyre du gouvernement Berlusconi. Enfin, il faut quand même dire un mot sur les chances françaises, la dernière palme d'or date de 1987 (j'étais né) avec Sous le Soleil de Satan de Maurice Pialat, et bien à mon humble avis je ne pense pas que ce soit cette année qu'intervienne le miracle malgré les prometteurs Indigènes de Rachid Bouchareb et Selon Charlie de Nicole Garcia.

Un suffrage effectué auprès de 382 festivaliers, montre que je n'aurais pas tout à fait tort, mais comme toujours, Cannes is Cannes, et les voix du festival sont impénétrables, advienne que pourra:

1 - Marie-Antoinette de Sofia COPPOLA - 12.3%

2- Volver de Pedro ALMODÓVAR - 12.0%

3- Babel de Alejandro González IÑÁRRITU- 6.8%

4- Le Vent se lève (The wind that shakes the barley) de Ken LOACH - 6.8%

5- Southland Tales de Richard KELLY - 5.0%

6- Le Caïman (Il Caimano) de Nanni MORETTI - 3.4%

7- Indigènes de Rachid BOUCHAREB - 1.8%

8- Le Labyrinthe de Pan (El laberinto del fauno) de Guillermo DEL TORO - 1.8%

9- Les Lumières du faubourg (Laitakaupungin valot) de Aki KAURISMÄKI - 1.6%

10- Selon Charlie de Nicole GARCIA - 1.0%

Par Marine - Publié dans : Ciné
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Mardi 23 mai 2006 2 23 /05 /2006 12:38

Un film sensible, fort, drôle et plein d'émotions avec des acteurs ultra charismatiques.

 

 

Réalisé par : Jean-Marc Vallée

Ecrit par : Jean-Marc Vallée & François Boulay

Avec : Marc-André Grondin (Zachary Beaulieu), Michel Cote (Gervais Beaulieu), Danielle Proulx (Laurianne Beaulieu), Emile Vallée (Zachary enfant), Maxime Tremblay (Christian Beaulieu), Pierre-Luc Brillant (Raymond Beaulieu), Alex Gravel (Antoine Beaulieu), Felix-Antoine Despatie (Yvan Beaulieu) ...

Musique : Jean-Marc Vallée

Synopsis : Un portrait de famille qui dépeint la vie souvent extraordinaire de gens ordinaires à la poursuite de leur bonheur.
De 1960 à 1980, entouré de ses quatre frères, de Pink Floyd, des Rolling Stones et de David Bowie, entre les promenades en moto pour impressionner les filles, les pétards fumés en cachette, les petites et grandes disputes et, surtout, un père qu'il cherche désespérément à retrouver, Zac nous raconte son histoire...
25 décembre 1960 : Zachary Beaulieu vient au monde entre une mère aimante et un père un peu bourru mais fier de ses garçons.
C'est le début de C.R.A.Z.Y, le récit de la vie d'un petit garçon puis d'un jeune homme pas comme les autres, qui va jusqu'à renier sa nature profonde pour attirer l'attention de son père.

 

Zacharie er ikke som andre tenåringer, og siden han føler seg sviktet av Gud, får David Bowie en nærmest religiøs betydning.

Critique : Deux heures d’un film magnifique pour exposer avec bonheur et émotion les 20 premières années d’une vie. Il y a Zach, d’une part, quatrième fils de Gervais et Laurianne, quatrième garçon, tout comme le Z est la quatrième lettre de CRAZY, et peut-être pas tout à fait comme les autres. D’autre part, les autres, justemment, le reste de cette joyeuse famille souvent un peu bancale, plutôt imprévisible et bruyamment hétéroclyte. D’abord, d’abord. Il y a l’aîné, l’intello d’la bande, puis le deuxième, insupportable caïd et emmerdeur. Il y a aussi le sportif de service un peu lourdingue, le petit dernier dont on oublie un peu de parler, la mère bien sûr, qui a assez d’amour pour chacun de ses fils, et enfin le père, celui qu’on admire ou qu’on déteste, celui dont un fils essaye de gagner l’estime, à moins de ne pas en être assez digne, un père un peu trop "tu seras un homme mon fils"… Pour Zach, Il s’agit d’exister dans un milieu souvent plus hostile que généreux, souvent plus fermé que tolérant, souvent plus cruel que joyeux. C’est le récit d’un garçon qui espérait bien être comme tout le monde mais que personne n’a voulu considéré comme tel. Déjà parce que « tout le monde » ne naît pas comme lui un 25 décembre et aussi parce qu'il aurait des "dons de Dieu". Zach nous prend à témoin avec détachement, nous fait rire le plus souvent et pourtant nous émeut aux larmes. Gamin chouchouté par une mère (trop) affectueuse, adolescent rêveur transporté par David Bowie et les Stones, ou bien jeune branché style underground pas si amoureux qu’ça en quête d’une identité sexuelle, le personnage nous fait ces confessions inattendues et poignantes, celles d’une vie un peu gâchée par l’irresponsabilité d’un père qui peine accepter la différence d’un fils. Cette famille en patte d’eph, aussi Crazy soit elle, se révèle juste et bouleversante. C’est un film pop, rétro, une reconstitution réussie de l’époque vinyle et flower power, une saga plus personnelle et grave qu’elle le semble au premier abord, une comédie dramatique ou un drame réconfortant, en somme, un merveilleux voyage. Ce film est donc une magnifique fresque qui s'étend de 1960 aux années 80, portée par une musique exceptionnelle (les Stones, Pink floyd, et le grand David Bowie). Il nous donne par la même occassion de grands fou rires, notament la scène entre les parents dans la salle de bain. C.R.A.Z.Y est une véritable petite bombe cinématographique de par son originalité, sa fraîcheur et son incroyable sensibilité. Avec cette comédie humaine, Jean-Marc Vallee signe là une chronique douce et amère sur trois décennies d’une famille ordinaire et tellement attendrissante. Loin de tout propos moralisateur ou compatissant, il nous plonge dans cette histoire avec la même émotion que lorsque l’on feuillette un vieil album de famille. Il brosse dans le détail et avec bienveillance le portrait de chacun de ses personnages leur conférant une vraie consistance et un tel degré d’intimité avec le spectateur que l’on ne peut y rester insensible. Pendant toute la durée du film notre esprit est ébranlé entre rires amers et larmes retenues ou non. Quant aux acteurs, ils sont tous jubilatoires et délicieux. A commencer par Marc-André Grondin qui dépassera très vite les frontières du Québec tant il affecte une vraie présence. Danielle Proulx dans le rôle de la mère débordante d’amour est  désarmante à souhait et Michel Cote en père « faux dur » est poignant. Si Jean Marc Vallée ne nous "emmène pas au bout de la terre", pour reprendre la chanson fétiche du film, il sait nous transporter dans un univers chaleureux dont on a bien du mal à vouloir sortir. A voir et à revoir.

18/20



A noter : Une B.O exceptionnelle qui "a elle seule justifie le déplacement" n'est-ce pas Michaël ?  "White Rabbit" des Jefferson Airplane, "Crazy" de Patsy Cline, "The Messiah will come again" de Roy Buchanon, "Sympathy for the Devil" des Rolling Stones, "Space Oddity" de David Bowie, ", "Shine on you crazy diamond" & "The great gig in the sky" des Pink Floyd, "Saturday Night" des Cure, "Brother Louie" des Stories et surtou l'inoubliable reprise par Gervais-Michel Cote des classiques "Hier encore" et "Emmenez-moi" de Charles Aznavour. Les plus grands classiques du rock des seventies, l'époque bénie !!!

 

 

 

Ce film est un véritable phénomène au Québec. À la soirée de la remise des Jutra (équivalent de nos Césars le 19 mars 2006, le film a raflé 14 trophées, et reçu une distinction supplémentaire :

  • Meilleur film
  • Meilleure réalisation: Jean-Marc Vallée
  • Meilleur acteur: Marc-André Grondin
  • Meilleure actrice de soutien: Danielle Proulx
  • Meilleur acteur de soutien: Michel Côté
  • Meilleur scénario: Jean-Marc Vallée en collaboration avec François Boulay
  • Meilleure direction de la photographie
  • Meilleure direction artistique
  • Meilleur son
  • Meilleur montage image
  • Meilleurs costumes
  • Meilleur maquillage
  • Meilleure coiffure
  • Film s'étant le plus illustré à l'extérieur du Québec

 

Par Marine - Publié dans : Ciné
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